26+27 Août 2017 | Citadelle de Namur

ALVARO SOLER : " (...) Pour moi, c’est un passage obligé vers la maturité, ça t’aide à devenir toi-même..."

Cette 5ème édition des Soldiarités sera définitivement marquée par la venue d'artistes internationaux de talent et notamment du plus caliente des chanteurs espagnols, Alvaro Soler. De passage à la Madeleine, nous avons eu la chance de rencontrer ce véritable phénomère hispanique. Incarnation vivante des cultures plurielles, l'artiste nous en a dit un peu plus sur lui, sur son parcours et ses projets d'avenir.

Q : Quel est ton plus beau souvenir de solidarité ?
AS : C’était à Barcelone, j’ai grandi dans la vieille ville et avec mes amis nous y passions la plupart de notre temps. Durant l’hiver, il nous arrivait parfois d’aller au supermarché acheter du pain et de faire des sandwiches pour les gens pauvres qui vivaient dans la gare. Ils étaient vraiment reconnaissants, c’était une belle expérience humaine. Si tu peux le faire, fais-le, ça en vaut la peine ! Pour moi, l’argent est vraiment déshumanisé, le fait d’acheter du pain, de faire des sandwiches est tellement plus chaleureux, j’avais l’impression de leur donner un peu d’amour. 

Q : Tu es originaire d'Espagne, tu as vécu au Japon et tu t'es désormais installé à Berlin. Tu te sens toujours appartenir à une culture en particulier ?
AS : Oui et non, je me considère d’abord comme espagnol parce que j’ai besoin de définir un endroit comme étant ma maison. Je pense que c’est d’abord l’Espagne tout simplement parce que ma famille est là et que j’y ai grandi. Je continue à me sentir chez moi à Barcelone mais je me sens aussi juste très bien avec des gens d’autres pays, les japonais par exemple que j’ai pu découvrir durant mon voyage. Certains ont vécu trois ans à Hong Kong, trois ans en Indonésie, trois ans à Séoul et puis de nouveau au Japon, ce sont de vrais citoyens du monde. Je pense que j’ai beaucoup à apprendre d’eux, j’aime vivre avec eux, je me sens proche d’eux. De par mes différents voyages, je parle plusieurs langues (anglais-espagnol-anglais) mais pour moi ce n’est pas suffisant pour découvrir une culture. Il faut vraiment aller à la rencontre des autres, des gens. Les langues, c’est une porte d’entrée pour rentrer en contact, après il faut creuser. Avec mes frères (son équipe), nous mixons en permanence différentes langues pour communiquer. C’est la conséquence de nos différentes origines, de nos vécus et du respect des cultures de chacun. Pour quelqu’un d’extérieur, peut-être que ça peut sembler étrange mais c’est notre langage à nous.

Q : Avec ce parcours de vie, je suppose que tu aimes particulièrement voyager ?
AS : Bien sûr, j’adore ça et en particulier en ce moment parce que j’ai la chance de voyager pour la musique. Voyager avec mes frères et pouvoir faire ensemble la musique que nous aimons, c’est la meilleure combinaison du monde ! Et puis tu y rajoutes la découverte de la nourriture et c’est juste génial. Comme je l’ai dit tout à l’heure, j’aime apprendre des autres cultures et je pense que la nourriture donne énormément d’informations sur celles-ci. Quand je vais dans un nouvel endroit, j’aime découvrir ce qu’on y mange et boit, quelles sont les traditions culinaires de la ville ou du pays. Ici, j’ai mangé quelques frites et puis j’ai testé la Duvel, j’ai l’impression de connaître un peu mieux la Belgique comme ça (rires), les mets locaux sont définitivement les meilleurs ! Finalement, je pense que tu connais mieux les gens si tu sais ce qu’ils mangent (rires). Comme ça vous saurez tout, je préfère dépenser mon argent dans de la nourriture que dans des vêtements…

Q : Dans tes chansons, tu évoques souvent tes anciennes relations, tes déceptions amoureuses… Alvaro Soler serait-il mélancolique ?
AS : Oui, je crois que je suis un mélancolique peut-être même encore plus un romantique. Mes histoires s’attardent souvent sur mes anciennes copines, mes relations, sur le passé en général. Je pense que le plus intéressant c’est l’expérience en général, la manière dont tu te sors de ces relations, c’est comme ça que tu en apprends le plus sur toi-même. Une rupture t’apprend toujours quelque chose de nouveau sur toi, il y a du positif qui ressort de cette situation douloureuse. Pour moi, c’est un passage obligé vers la maturité, ça t’aide à devenir toi-même. Je pense que dans le fond, mon album est vraiment autobiographique et se base sur mes différentes expériences de vie, notamment mes ruptures.

Q : J’aimerais en savoir un peu plus sur toi. Si tu devais te décrire en trois mots, quels seraient-ils ?
AS : Moi en trois mots, difficile… Je dirais positif, puéril (rires) et organisé.

Q : As-tu un plaisir coupable ? Inavoué ?
AS : Je ne crois pas que ce soit coupable mais je suis complètement accro aux séries télé. Quand je commence à en regarder une, pour le moment Breaking Bad, je ne sais pas m’arrêter, c’est comme une drogue !

Q : Comment te vois-tu dans 5 ans ?
AS : J’espère continuer à faire ce que je fais pour le moment… Cette tournée que nous réalisons avec mon équipe, c’est la première qui prend cette ampleur. J’espère que dans 5 ans, nous pourrons en faire une encore plus grande sans jamais nous arrêter de nous améliorer et de progresser. J’aimerais que nous puissions aller vers de plus gros événements, avec une plus grosse équipe et travailler encore plus dur… Nous travaillons pour ça et je ne dis pas « nous » pour rien, il ne s’agit pas que de moi, il y a tellement de personnes qui m’entourent pour que tout cela prenne vie. J’espère que dans 5 ans, nous serons encore cette grande famille toujours plus motivée à l’idée d’avancer, toujours animée par cette passion commune, la musique.