26+27 Août 2017 | Citadelle de Namur

BROKEN BACK : "Je me suis soigné avec la musique..."

Nouveau visage incontournable de l'univers pop-folk, Broken Back ne semble pas connaître de limite à son succès. Nous avons eu la chance de le rencontrer et de lui poser quelques questions lors de son passage aux Nuits du Botanique le 19 mai dernier. De  quoi faire un peu mieux connaissance avec cet artiste au parcours si singulier qui ravira cet été nos festivaliers aux Solidarités !

Q : En 2012, un déplacement vertébral te contraint à une longue convalescence. Tu en profites pour apprendre la guitare et tu te lances dans la composition. 5 ans plus tard, Broken Back est sur toutes les lèvres. La musique aurait-elle été la meilleure des thérapies ?
BB : Complètement… La musique a vraiment été mon exutoire. Je l’avais un peu mise de côté pendant mes études, je l’ai retrouvée durant ma convalescence. Je jouais une heure, deux heures, trois heures, cinq heures par jour et je me rendais compte que ça me faisait beaucoup de bien. Donc je me suis un peu soigné avec la musique, effectivement.

Q : Ton premier EP s’intitule Dear Misfortune, Mother of joy, un titre autobiographique donc ?
BB : Oui complètement. C’est une traduction anglaise d’une citation d’Albert Cohen sur laquelle je suis tombé pendant ma convalescence qui dit : « le malheur est le père du bonheur de demain ». C’est exactement ce qui s’est passé pour moi. Je pense que dans tout malheur peut potentiellement exister un bonheur collatéral, si on décide de le créer évidemment. C’est finalement ce que j’ai fait et ce bonheur collatéral a complètement dépassé tout ce que je pouvais imaginer à l’époque, c’était mon projet Broken Back. Maintenant je me retrouve à pouvoir vivre de ça, en faire mon métier, m’épanouir à fond… ça a dépassé toutes mes espérances !

Q : Tu as commencé ton aventure sur Youtube avec une reprise de Skinny Love de Bon Iver. Pourquoi ce titre ?
BB : A la base ce n’était pas pour me lancer. Je l’ai choisie parce que c’était une chanson que j’appréciais énormément, d’un artiste que j’apprécie aussi beaucoup. J’avais envie de faire mes armes en terme de production, je découvrais comment enregistrer des guitares, comment utiliser une carte son. Ça a vraiment été le premier titre sur lequel je me suis occupé de tout : voix, musique, enregistrement, production, etc.

Q : Tu as fait ton premier concert sur une péniche à Lille où tu faisais tes études. Quel effet ça t’a fait de revenir après tout ce que tu avais traversé ?
BB : C’était bizarre, très bizarre… C’était beaucoup d’émotions, je passais souvent devant cette péniche, devant cette salle, sans jamais me dire : « un jour peut-être que moi aussi je la foulerai cette scène ». Ce fut aussi particulièrement intense parce que c’était la première fois que je rencontrais mon public. Je passais du virtuel à la réalité, je passais de likes, des vues, des streams sur mes chansons et mes démos à la rencontre physique de ces personnes qui me soutenaient sur internet. Le public connaissait déjà par cœur les paroles de mes morceaux et je me disais : « c’est complètement fou ce truc ! ». J’ai passé le concert à cogiter, j’avais beaucoup de mal à réaliser ce qui se passait. Depuis, j’en suis devenu accro et il y a déjà une tournée de 150 dates derrière moi et autant à venir j’espère.

Q : Où puises-tu ton inspiration pour la composition de tes morceaux ?
BB : Les sujets sont vraiment autobiographiques, Young Souls parle de l’enfance, Happiest man on earth pose la question du bonheur, Halcyon birds parle de la seconde chance dans une relation amoureuse. Les sujets sont assez éclectiques, l’inspiration vient autant de mon vécu personnel que de choses dont je peux être témoin dans la vie de tous les jours.

Q : Tu l'évoquais juste avant, ton tire Halcyon Birds s’inspire d’une légende de la mythologie grecque pour évoquer la seconde chance amoureuse. Pourquoi avoir choisi un angle aussi particulier pour évoquer ce sujet ?
BB : Cette légende grecque symbolise pour moi toute la puissance de l’amour. Elle retrace la vie d’un couple dont l’homme, le mari, meurt noyé. Sa femme, dévastée par le chagrin, décide de le rejoindre dans la mort. Les dieux pris de pitié et admiratifs de la puissance de cet amour décident de les ressusciter sous une forme charnelle, en deux oiseaux qui sont les oiseaux Halcyon. C’est autour de cette symbolique que s’articule ma chanson. Les deux personnages s’interrogent sur leur seconde chance : Serons-nous à la hauteur de cette légende que nous avons jadis entendue ? Renaitrons-nous aussi sous forme d’oiseaux Halcyon ?

Q : Quelques questions rapides pour clôturer cette interview en beauté. Ready ?
Quelles sont les choses que tu aimes en-dehors de la musique ?

BB : Le saucisson, les footings sur la plage de St-Malo et les pâtes carbonara. Ça fait beaucoup de nourriture mais il faut savoir se faire plaisir (rires) !

Q : As-tu un rituel avant de monter sur scène ?
BB : On en a un avec mes musiciens, on fait une grosse boule de copains. Comme tu peux l’imaginer, ça consiste à faire un gros câlin tous ensemble (rires).

Q : Quelles sont tes chansons du moment ?
BB : En ce moment, j’adore une chanson de Son Mieux qui s’appelle For Those. J’aime aussi beaucoup Muddy Waters de LP. Et Skin de Rag’n’Bone Man.

Q : Depuis 5 ans tu enchaines les dates, les scènes, ton succès ne semble pas avoir de limite. Rien ne pourra donc plus arrêter ce dos cassé ?
BB : (Rires) A part mes vertèbres, je pense que non ! C’est mon talon d’Achille, ma vertèbre d’Achille !

Q : Que peut-on souhaiter à Broken Back ?
BB : De continuer à m’éclater autant. Je pense que le jour où j’arrêterai de m’amuser, j’arrêterai tout simplement. Mais ce n’est vraiment pas prévu pour tout de suite !