26+27 Août 2017 | Citadelle de Namur

AMAL MURKUS : "La cuture doit avoir les clefs du "comment vivre ensemble..."

Dans le cadre de la journée « Bonjour la Vie » sur la thématique du « vivre ensemble » en mai dernier, la Régionale FPS de la Province de Namur a eu la chance de rencontrer l’artiste palestinienne Amal Murkus.
Retour sur le parcours de vie de cette artiste engagée et sur ses convictions notamment au sujet du conflit israëlo-palestinien. 

Une histoire familiale à l’origine de son besoin de militantisme
« J’ai grandi entourée de 6 sœurs et d’un père féministe, leader de la communuaté d’Israël. Mon père nous demandait toujours de nous asseoir avec lui quand il était en réunion avec d’autres chefs. Pour écouter et pour nous impliquer dans ce qui se passait. Il disait : « Je veux vous montrer que vous pouvez mener votre vie seule si vous le souhaitez, être indépendante financièrement, mener vos projets ».

Amal Murkus, une activiste engagée en faveur de l’émancipation des femmes ?
« Mon titre If I could go back in time le confirme. Je crois au pouvoir des femmes d’apporter le changement. On voudrait que je sois une jolie petite chanteuse de chansons romantiques mais en tant que palestinienne, avec toutes les discriminations, la souffrance que nous vivons, je ne peux pas faire autrement que de me rebeller et d’apporter de l’espoir. Je voudrais que cette chanson devienne l’hymne national des femmes (rires) ».

Être féministe, parfois c’est juste un mot… Agir pour le droit des femmes, c’est un acte féministe !
Amal Murkus aide les femmes fragilisées qu’elle rencontre. Elle le fait sans bruit ni prétention. Elle leur apporte un soutien soit financier soit moral mais avant tout, elle se montre présente.

« Elles deviennent comme des sœurs. Certaines ne savent pas qui je suis. Parfois soudainement elles comprennent et me disent : « oh tu es chanteuse ! Je t’ai vue à la TV ! ».

Amal Murkus, une ambassadrice du vivre ensemble
Toutes les formes d’art peuvent apporter un grand support à la création d’un vivre ensemble en toute harmonie.  Pour Amal, l’art est un moyen de toucher son public droit au cœur.

« Les gens utilisent beaucoup leur esprit et construisent des barrières autour d’eux pour ne pas être touchés, ne pas ressentir, ils finissent par être toujours dans la peur ».

Sa musique, aussi délicate que poétique permet de faire envoler ces murs qui renforcent les peurs.

« Ma personnalité et ma façon de penser touchent les gens, touchent « leur essence », touchent les choses les plus basiques chez eux : l’amour de vivre et l’amour de la vie ».

À l’instar de la culture Palestinienne, la musique d’Amal Murkus s’inspire des cultures méditerranéennes, avec de nombreuses influences turques ou encore arméniennes et bien d’autres encore…

« Lorsque je suis sur scène, je sens que je tiens le monde entier dans ma voix et dans mes mains avec mes musiciens. L’art a le pouvoir de lier les gens entre eux. La culture doit avoir les clefs du « comment vivre ensemble ». Sans cela, le prix à payer serait lourd, les peuples passeraient leur temps à se démolir mutuellement par des guerres et atrocités multiples ».

Un optimisme à toute épreuve
Amal Murkus, est marquée dans toute sa personnalité par un profond optimisme qu’elle ne cesse de transmettre dans ses chansons. Elle ne peut que croire au plus profond d’elle-même en l’existence d’un état Palestinien libre.

« Je crois en la lutte des mouvements de gauche israélien et palestinien qui ensemble permettront à la paix de devenir réelle. Mais je suis aussi réaliste, ce n’est pas uniquement dépendant de ce genre d’alliance. Je pense que si les pays capitalistes, comme les États-Unis décidaient de ne pas utiliser notre conflit pour leurs propres intérêts, cette paix pourrait devenir réelle ».

La chanteuse Palestinienne défend une vision globale du conflit et veut mettre la lumière sur les enjeux économiques du conflit israelo – palestinien. Elle insiste aussi beaucoup sur la force de vie du peuple palestinien.

« Quand tu vis ce conflit, tu as ce pouvoir de te reconstruire, de renaitre à nouveau […] Ma sympathie va vers les gens pauvres qui n’ont pas la possibilité d’étudier et d’apprendre. Ils peuvent être utilisés, et se diriger vers des voix fanatiques » .

Malgré un contexte difficile, en tension permanente, beaucoup de palestiniens mènent de grands projets, pas uniquement en art mais en science par exemple. Ils continuent de s’intruire et d’œuvrer à un futur meilleur.

Par Mailanie Chavalle et Laudine Lahaye pour Femmes Plurielles - http://www.femmes-plurielles.be